Les grandes vacances des enfants expatriés de familles divorcées et séparées

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Les grandes vacances des familles expatriées s’organisent en général autour du retour dans le pays d’origine pour quelques semaines, ou dans la découverte du pays hôte ou de la région de résidence.

Quel que soit le choix, le mot d’ordre est organisation/planification, et adaptation/flexibilité.

Et qu’en est-il des familles expatriées divorcées ?

Comment cela se passe-t-il pour les familles séparées, parfois à des milliers de km les unes des autres ?


1. Le rapport au temps :

Pour les familles séparées/divorcées, la plupart des décisions concernant les enfants sont prises en amont et au moment du divorce : qui aura quel mois et quelle année ? Qui paye quoi, quand, comment ? Et il est souvent difficile d’obtenir du couple-parent une certaine flexibilité après la signature du divorce, d’où la nécessite d’avoir l’accord de coparentalité le plus élaboré possible, le « contrat » dans lequel tout a été prévu, même ce qui ne l’est pas !

Un imprévu de dernière minute peut vite chambouler l’équilibre parfois précaire de l’entente des parents : des vols retardés ou annulés empiétant sur le temps du parent éloigné et vice versa, annulation, maladie, peut vite être perçu comme un évènement gravissime, créer une tension entre les parents (il ou elle le fait exprès), alors que quand bien même cela est indépendant de chacun, cela peut arriver à tout le monde.

Ces aléas de la vie de globetrotters sont des moments contrariants que les familles expatriées acceptent bon gré mal gré, mais qui prennent une autre ampleur pour les familles expatriées divorcées. La relation au temps est différente quand le temps avec son enfant est compté. Quand on n’a pas vu son enfant de 10 ans pendant 3 mois, chaque minute qui vous rapproche des retrouvailles compte.


2. La différence financière :

En règle générale, à la suite d’un divorce, la femme perd 19 à 22% de son niveau de vie. Dans les familles expatriées, les conjoints partenaires sont majoritairement des femmes ; lors d’une séparation les conjoints femmes se retrouvent en plus grande précarité. Elles ont souvent dû rentrer dans leur pays d’origine, afin de reprendre un travail, chercher un emploi, et obtenir un soutien social, cela pouvant prendre des mois. 

Si elles sont dans la situation d’être le conjoint éloigné, alors les vacances peuvent être sources de stress supplémentaire, n’ayant pas forcément les moyens d’offrir des vacances à leurs enfants, qui en temps normal vivent encore en expatriation et donc dans des conditions économiques meilleures.

Planifier et organiser des vacances quand on n’a pas les moyens financiers, cela peut se révéler être un parcours du combattant. Avec à la clef une grande déception des deux côtés.


3. Les attentes :

L’autre paramètre est celui des attentes de chacun pendant les vacances.

Pour le parent éloigné, les vacances sont les moments de retrouvailles après de longs mois sans se voir. Les vacances doivent alors répondre a plusieurs demandes de la part des enfants et du parent éloigné :

  • Rapprochement émotionnel
  • Remise en place de certains principes d’éducation propres à chaque parent (politesse, relation à l’argent, aux sorties, aux jeunes amours…).
  • Le lâché prise
  • La reconnexion et redécouverte des enfants qui grandissent en l’absence du parent éloigné, et qui deviennent de plus en plus indépendants.

Changements qui peuvent intimider, bousculer, le parent éloigné. Et des retrouvailles aux sentiments mitigés pour les enfants, qui se sont habitues à vivre d’une façon avec l’autre parent, et qui sont aussi souvent dans un autre contexte culturel.

Autant de sujets qui peuvent être source de conflit.

Quelques pistes pour essayer de passer de bonnes vacances :

Charge au parent éloigné de s’adapter. Or ce n’est pas forcément son état d’esprit : le parent qui ‘rate le quotidien’ souhaite profiter au maximum du temps avec ses enfants. Parfois il aura l’impression de ne plus reconnaitre ses enfants. Une stratégie de dégel peut être mise en place.

Écueil à éviter : en faire trop, organiser dix-mille sorties pour compenser l’absence du quotidien, offrir trop d’argent, être trop permissif par rapport aux sorties avec les jeunes ados. Autre écueil à éviter : vouloir faire trop d’éducation et se retrouver face à un enfant qui ne comprend pas les nouvelles règles. Trouver le meilleur équilibre, et avoir des attentes réalistes.

Respecter les besoins et les intérêts de l’enfant est essentiel, d’autant plus que l’enfant a peut-être d’autres envies : partir en colonie de vacances ; faire un séjour linguistique ou un voyage avec des amis ou d’autres membres de la famille. Dans ce cas, il faut écouter leurs envies et ajuster en fonction des besoins en temps familial de chaque parent, d’autant plus que les enfants peuvent avoir des demi-frères ou demi-sœurs.

Pour le parent éloigné, les vacances sont toujours trop courtes, et la fin des vacances qui veut aussi dire le retour vers l’autre pays, est souvent douloureux.

Pour l’autre parent, la fin des vacances peut être synonyme de reprise de « la routine et avoir ‘le mauvais rôle’ du quotidien.

Se faire accompagner par un coach en divorce aide les familles à trouver les ressources nécessaires (communication, négociation, propositions de solution et de comment les mettre en place) pour préparer les vacances et gérer au mieux les émotions au départ et au retour.
Car reconstruire un  équilibre familial apaisé n’est pas une mince affaire après le rouleau-compresseur émotionnel des grandes vacances.


Ecrit pour Expat Pro par Nadege Fayard , Coach certifié en divorce CDC – coach en transition CDC – coach certifié a la préparation à la médiation DCA– coach certifié en coparentalité DCA
www.nadegefayard.com

nadege@nadegefayard.com
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