Famille & vie perso29 mai 2026

Quitter un pays : cette période de transition dont on parle peu

Laurene
Laurene GrazianiParentalité
4 min de lecture
En résumé

On parle beaucoup de l’installation en expatriation, mais comment traverser sereinement l’intensité émotionnelle et le grand flou du départ lorsque toute la famille s'apprête à tourner la page ?

Il y a un moment dans l’expatriation dont on parle rarement. Le départ du pays dans lequel on a vécu plusieurs années.

Une période à part. Floue. Intense. Parfois déroutante.

Pour les familles expatriées, cette phase de transition est souvent l’une des plus intenses émotionnellement, autant pour les parents que pour les enfants.

Car on parle beaucoup de l’arrivée dans un nouveau pays. Du choc culturel. De l’installation. Mais très peu des transitions, de cet espace entre deux pays.

Ce moment où l’on sait que l’on va partir et où l’on est encore là. Ce moment où l'on sait que l'on va rentrer ou partir vers un autre pays.

C’est une période à part. Une période où tout est mouvant pour nous parents et, en même temps, il faut accompagner les enfants dans leurs propres émotions.

Vivre “comme si”… alors que tout change déjà


En ce moment, je suis en plein dedans. En apparence, rien n’a changé. Le quotidien continue. Les enfants vont à l’école. Les activités s’enchaînent.

Et pourtant… À l’intérieur, quelque chose a déjà basculé.

On commence à regarder les lieux autrement. À remarquer des détails que l’on ne voyait plus. À savourer certains moments… se dire que l’on voudrait bien encore un peu en profiter et que l’on n’a plus vraiment le temps.

Ce qui caractérise cette période, c’est ce mélange d'émotions. Peut-être de l’excitation. Une nouvelle aventure. Peut-être de la tristesse, de la nostalgie. Tout cela coexiste. Il y a de la fatigue aussi. Il y a tant à gérer. Organisation. Démarches. Préparation. Logistique.

On peut se sentir heureux… et triste en même temps, pressé.e… et ralenti.e, connecté.e… et déjà un peu ailleurs aussi.

Parler de ces émotions, les écrire, les peindre, les chanter… peu importe: choisissez ce qui vous fait le plus de bien pour les exprimer et donner de l'espace à vos enfants pour pouvoir aussi en parler. Poser des questions, discuter de leurs peurs...

Créer du temps, de l’espace, pour être à l’écoute est vraiment important. Parfois, on n’a pas besoin de parler. Simplement lui montrer que l'on est là pour se sentir en sécurité. L’adaptation des enfants en expatriation commence bien souvent dès ce moment-là.

Dire au revoir… sans toujours savoir quand ou comment

Il y a tout ce qui ne se range pas dans les cartons.

  • Les souvenirs.

  • Les habitudes.

  • Les relations.

  • Les personnes et les lieux qui ont compté.

On commence à dire au revoir…

Une dernière balade.

Un dernier café.

Un dernier moment “comme avant” et pourtant, on sent que ce n’est déjà plus tout à fait pareil.

Dans ces moments-là, il n'y a pas de recette parfaite.

  • Accepter que tout ne soit pas parfait

  • Ralentir quand c’est nécessaire

  • Accueillir ce que l'on ressent, sans chercher à aller trop vite ou tout contrôler

Et surtout :

profiter des derniers moments, vraiment.

Même si c’est un peu au milieu d’un chaos ambiant.

Personnellement, je sais que je ne revivrai pas ces moments.

Et même si elle peut être inconfortable, cette période est aussi une opportunité.

Celle de faire du tri.

Dans ses affaires.

Dans ses priorités.

  • Qu’est-ce que je veux garder ?

  • Qu’est-ce que je laisse ?

  • Qu’est-ce que je veux remplacer ?

C’est un moment de réalignement, souvent sous-estimé. Une période de creux qui peut aussi offrir un espace de découverte, de création peut-être.

Et pour les enfants ?

Eux aussi vivent cet entre-deux.

Parfois ils posent beaucoup de questions.

Parfois ils ne disent rien.

Parfois ils ont leur manière bien à eux de dire au revoir.

Parfois cela se traduit dans leur comportement.

Mais ils ressentent. Toujours.

  • L’instabilité

  • Le changement

  • L’émotion ambiante.

Dans la parentalité en expatriation, ces périodes de transition peuvent fragiliser certains repères, ou au contraire, renforcer la résilience lorsque les enfants se sentent accompagnés et écoutés.

Ce dont ils ont le plus besoin tout au long de cette phase de transition :

  • Se sentir écoutés

  • Être rassurés

  • Comprendre ce qu’il se passe

  • Sentir que la famille reste leur repère.

Conclusion

Le bien-être familial pendant une expatriation ne repose pas uniquement sur l’organisation ou la logistique. Il se construit aussi dans la manière dont chacun traverse ces changements, trouve sa place et se sent soutenu. Être là pour eux, leur montrer et leur dire reste essentiel.

On a peut être envie d’aller vite, de passer à “l’après”. Pourtant, ce moment compte. Cet entre-deux a une vraie valeur.

  • C’est une transition.

  • Une fermeture.

  • Un passage pour les familles internationales.

Et peut-être que le vivre pleinement, c’est aussi mieux se préparer à ce qui arrive ensuite. Si vous êtes dans cette phase vous aussi… sachez que ce que vous ressentez est normal. Et que chacun va le vivre à sa manière. Noter ses émotions dans un carnet, ses idées, trouver une oreille attentive pour être écoutée peut faire vraiment du bien pour le bien-être de toute la famille.

Au plaisir d’échanger,

Laurene


À propos de l'autrice :

Laurene Graziani est experte vérifiée du réseau Expat Pro aux États-Unis, dont elle est membre depuis 2023. Spécialisée en parentalité et vie de famille, elle aide les expatriés à trouver un meilleur équilibre et une belle harmonie de vie.

Consultante internationale, formatrice et coach, Laurene s'appuie sur 20 ans d’expérience dans les droits humains et la protection de l'enfance à travers plus de 15 pays. Formée en coaching, psychologie positive, communication et yoga, elle a déjà accompagné plus de 200 familles et femmes en transition depuis 2016. Par son approche collaborative et pragmatique, elle propose des outils concrets pour traverser sereinement les changements liés à l'expatriation et construire un équilibre durable.